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LE PETIT SAVEUSE

Vers 1820 quelques maisons se construisent le long de l'actuelle rue des 4 Lecointe. Elles sont situées sur le territoire de Saveuse et vont constituer pendant soixante ans un hameau appelé le Petit Saveuse. Ce n'est qu'en 1882 que ce hameau sera rattaché à Ferrières par arrêté préfectoral.

Le premier acte que j'ai trouvé faisant allusion au Petit Saveuse est daté du 30 septembre 1822. Il s'agit de la naissance de Victoire Argentine, fille de Auguste Lecointe et de Victoire Lécaillet.

D'autres vont suivre. On trouve peu de mariages. En effet, si les habitants ont l'obligation de déclarer naissances et décès à la mairie du village, ils peuvent aller se marier où bon leur semble.

Dans les recensements de population, le premier disponible date de 1836 et les rues n'y sont pas mentionnées. Donc, le Petit Saveuse non plus. Cependant, en fin de liste on trouve :

Geneviéve Benoist, veuve Lecointe, 68 ans
Joseph Lecointe, saiteur, 28 ans, son fils

Jean Baptiste Lecointe, saiteur, 40 ans
Sophie Bocquillon, son épouse, 48 ans
Adolphe Lecointe, leur fils, 19 ans
Florentin Lecointe, leur fils, 17 ans
Jean Baptiste Lecointe, leur fils, 16 ans
Jean Louis Lecointe, leur fils, 9 ans
Flore Lecointe, leur fille, 11 ans

Nicolas Thibault, ménager, 65 ans
Marie Françoise Debeaumont, son épouse, 61 ans,
Romain Thibault, leur fils, 31 ans
Fanie Thibault, leur fille, 21 ans

À partir de 1846, le recensement précise les noms de rue et on trouve en fin de liste, au hameau le Petit Saveuse :

Théophile Boquillon, ménager, 36 ans
Thérèse Ricard, son épouse, 35 ans
Narcisse Ricard, le frère de Thérèse, 24 ans

Pierre Niquet, tisseur, 36 ans
Stéphanie Thibaut, son épouse, 35 ans
Pierre Niquet, leur fils, 4 ans
Adolphe Niquet, leur fils, 2 ans

Louise Porion, veuve Thibaut, 32 ans
Marie Louise Thibaut, sa fille, 10 ans
Jean Louis Thibaut, son fils, 9 ans
Adolphine Thibaut, sa fille, 4 ans

Jean Baptiste Lecointe, bûcheron, 48 ans
Flore Boquillon, son épouse, 54 ans
Florentin Lecointe, leur fils, 24 ans
Jean Louis Lecointe, leur fils, 17 ans
Flore Lecointe, leur fille, 22 ans

Joseph Lecointe, domestique, 38 ans
Euphrosine Lécaillet, son épouse, 30 ans
Joseph Lecointe, leur fils, 5 ans
Théophile Lecointe, leur fils, 2 ans

Joséphine Boquillon, veuve Gourguechon, ménagère, 46 ans
Amable Gourguechon, son fils, 11 ans
Marie Gourguechon, sa fille, 5 ans

Recensement de 1851 :

Appoline Porion, journalière, 36 ans
Appoline Thibaut, sa fille, 17 ans
Pierre Thibaut, son fils, 15 ans
Adelins Thibaut, sa fille, 9 ans

Joseph Crimon, coupeur en coton, 24 ans
Alexandrine Niquet, son épouse, 24 ans

Jean Bapriste Lecointe, tisseur, 53 ans
Sophie Boquillon, son épouse, 61 ans
Florentin Lecointe, leur fils, tisseur, 32 ans
Flore Lecointe, leur fille, journalière, 25 ans
Palmire Lecointe, leur petite-fille, 2 ans

Jean Baptiste Lecointe, tisseur, 3? ans
Marie Anne Lecointe, son épouse, 26 ans
Sylvanie Lecointe, leur fille , 2 ans

Joseph Lecointe, tisseur, 40 ans
Euphrosine Lécaillet, son épouse, 35 ans
Édouard Lecointe, leur fils, 10 ans
Paul Lecointe, leur fils, 7 ans
Appoline Lecointe, leur fille 1? ans
[je n'ai trouvé sa naissance nulle part ;
il pourrait s'agir de Marie Alphonsine, née le 2 juin 1842 ?]

Alphonse Morel, tisseur, 28 ans
Victorine Fertel, son épouse, 35 ans
Iréné Morel, leur fils, 8 mois

Joséphine Boquillon, journalière, 52 ans
Désiré Gourguechon, son fils, journalier, 17 ans
Marie Gourguechon, sa fille, 14 ans

Théophile Boquillon, bûcheron, 35ans
Thérèse Ricard, son épouse, 33 ans
Irma Dutitre, leur nièce, 11 ans

Le recensement de 1872 constitue un record : 30 personnes habitent alors au Petit Saveuse

Hipolithe Laderrière, 42 ans
Clémentine Pinguet, son épouse, 38 ans
Céleste Laderrière, leur fille, 18 ans
Léontine Laderrière, leur fille, 12 ans
Philomène Laderrière, leur fille, 10 ans
Octave Laderrière, leur fils 1 an

Jean Baptiste Pouly, journalier, 34 ans
Honorine Duhamel, son épouse, 33 ans
Céleste Pouly, leur fille, 11 ans

Jean Baptiste Toupet, coupeur, 39 ans
Marie Pinguet, son épouse, 40 ans
Augustine Toupet, leur fille, coupeuse, 16 ans
Léontine Toupet, leur fille, 12 ans
Élise Toupet, leur fille , 10 ans
Léopold Toupet, leur fils, 8 ans
Irma Toupet, leur fille, 6 ans

Jean Baptiste Lecointe, journalier, 51 ans
Marie Anne Chamu, son épouse, 49 ans
Joséphine Lecointe, leur fille, coupeuse, 21 ans
Éléonore Lecointe, leur petit-fils, fils de Joséphine, 3ans

Euphrosine Lescaillet, veuve Lecointe, journalière, 56 ans
Paul Lecointe, son fils, berger, 28 ans
Pauline Lecointe, coupeuse, sa fille, 22 ans

Alphonse Morel, coupeur, 49 ans
Victorine Fertel, son épouse, 55 ans
Iréné Morel, leur fils, coupeur, 21 ans
Alphonsine Morel, leur fille, coupeuse de velours, 20 ans
Ernest Morel, leur fils, 14 ans

Octave Boyenval, coupeur, 21 ans
Sylvanie Lecointe, son épouse, coupeuse, 23 ans

Recensement de 1881 (le dernier où notre hameau existe encore administrativement) :

Jérémie Fertel, coupeur de velours, 39 ans
Adeline Thibaut, son épouse, 40 ans

Euphrosine Lécaillet, veuve Lecointe, lessiveuse, 66 ans

Jean Baptiste Lecointe, journalier, 61 ans
Marie Anne Chamu, son épouse, 58 ans

Arthur Lesert, cultivateur, 31 ans
Marie Bondelu, son épouse, cultivatrice, 28 ans
Alphée Lesert, leur fils, 8 ans [et non leur fille comme indiqué dans le registre]
Héloïse Lesert, leur fille, 5 ans
Alisma Lesert, leur fille, 2 ans

Pierre Thibaut, coupeur de velours, 45 ans
Euphémie Lefèvre, son épouse, 47 ans
Aline Thibaut, leur fille, 17 ans
Abraham Thibaut, leur fils, 14 ans
Alfred Thibaut, leur fils, 3 ans

Nonobstant l'arrêt préfectoral, les agents du recensement de Saveuse continueront de comptabiliser les habitants du Petit Saveuse. En 1936, Joseph Lecointe, né à Ferrières en 1868, et sa femme Omérine Benoit y figurent encore. Bien sûr, les actes d'état-civil, eux, seront consignés à Ferrières.
Le dernier acte enregistré à Saveuse par un habitant du Petit Saveuse est l'acte de naissance d'Alfred Thibaut, né le 10 septembre 1878.
Alfred, que l'on surnommera « l'Alouette » apprendra, au moment de passer le conseil de révision, qu'il a pour prénom non pas Alfred, mais Nicolas Léonidas. On ne saura jamais ce qui est à l'origine de cette anomalie :
le canular d'un secrétaire de mairie à l'imagination fertile, ou
l'euphorie d'un papa ayant fait 2 kilomètres à pied sous le soleil de septembre ?
L'Alouette était mon grand-oncle et dans ma famille on l'appelait Oncle Alfred.

J.-P.C.